Il est aussi facile de tout mettre sur le dos des autres, de les juger, de les condamner et de s'absoudre par le fait même. « Mon père était comme ci », « Ma mère était comme ça. » On se dit d'une famille pauvre, sans ambition, dysfonctionnelle. Puis, on justifie aussi ses propres dysfonctions, ses propres peurs, sa propre ingratitude. On a peur d'avancer dans la vie et on n'aime pas ce que l'on voit, des autres d'abord puis de soi, tout au fond de son âme. On devient un être irresponsable envers ses rêves, qui fait de sa vie un lot de faux-fuyants et de prétextes à se vautrer dans la boue de ses propres peurs : la peur de ne pas être aimé, la peur d'être rejeté, d'être abandonné, d'être trahi, de ne pas être à la hauteur simplement. Et on met ses masques : ceux de la fuite, de la dépendance, de l'infantilisme, ceux du contrôle, de la rigidité et le pire, le masque du paraître ou du matérialisme. On a alors perdu son idéal, ses rêves...On fait les choses parce que la société nous dit de les faire, parce qu'on a peur des quand-dira-t-on, des jugements de surface, et on fait semblant d'avancer, on se fait croire que l'on avance, parce que cette même société nous juge selon les seuls critères de la productivité et de l'avoir. Et le pire, c'est qu'on le sait. Ainsi, on fait un autre travail que celui qu'on aurait aimer faire. On se marie parce qu'il faut bien se caser